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Pauline PoissyPauline poissy

Pauline Poissy

Pauline Poissy

En collaboration avec des naturalistes amateurs et professionnels, dans le but de collecter des informations scientifiques issues du comptage des espèces observées sur le territoire, ainsi que des documents photographiques, Pauline Poissy traduit en peinture la présence diffuse ou la dynamique de population de certaines espèces.

Native de Pontoise (Val-d’Oise), Pauline Poissy est arrivée dans le sud, en 1998, à Lunel et s’est installée à Nîmes en 2008. Cette jeune diplômée de l’École supérieure des Beaux-Arts de Nîmes (promotion 2014) est en activité́ depuis avril 2016. Elle réalise ses œuvres dans le quartier de la Placette, à Nîmes.

Ses toiles sont réalisées à la peinture acrylique, le châssis est fait main et le format moyen est 120 cm.

Travaillant sur les thèmes de la protection du monde animal et du vivant, du biomimétisme et du biomorphisme, cette plasticienne s’inspire de la nature en tant que modèle. Pour l'artiste, " L’animal, défini comme " souffle, vie ", est présenté dans mon travail comme un être sensible qui appartient à son monde. Dans ma démarche artistique, la notion de frontière diffère de sa définition usuelle de délimitation ou limite entre deux choses, mais détermine un espace de fluidités et de perméabilités : l’espace, le champ de ma peinture où peut apparaître ou disparaître l'animal. L'axe principal de ma recherche est une expérience d’approche par analogie, un questionnement par la peinture entre le visible et le caché, le proche et le lointain, le camouflage et cette idée de frontière perméable. "

La toile figurant une sorte d’antilope ou de gazelle sur fond monochrome beige, émergeant des craquelures a fait l’unanimité à l'école des Beaux-Arts. Le cadre du tableau de Pauline Poissy rappelle en effet l’environnement de l’animal, son territoire en quelque sorte. On peut penser que l’artiste a voulu camoufler la bête comme pour la rendre intouchable .

Pauline PoissyLe festival 'Je m'aNîmes' :

Dans le cadre du festival Je m’aNîmes, qui unit commerçants et artistes locaux, le CHU de Nîmes (CHUN) a convié l’artiste Pauline Poissy à exposer à Carémeau. « Posture » se présente sous la forme d’une série de sept œuvres, toiles peintes à l’acrylique, mettant en scène des animaux, à la fois symboles de force et de fragilité.

"Posture" se présente sous la forme d’une série de sept œuvres, toiles peintes à l’acrylique, mettant en scène des animaux, à la fois symboles de force et de fragilité. 

Beaucoup de monde s’était donné rendez-vous pour assister au vernissage de l’exposition « Posture » de Pauline Poissy, et ainsi contempler les magistrales toiles en acrylique de la jeune artiste. Avec en toile de fond ce bestiaire sauvage où se côtoient pandas, buffles et autres guépards, l’inauguration a débuté par le discours de Benjamin Héraut, responsable du Service Communication et Affaires culturelles.
« Pauline Poissy traduit en peinture la présence diffuse ou la dynamique des populations de certaines espèces. Avec des influences du Douanier Rousseau, cette exposition, captivante, à la limite de l’abstraction, entraînera, je l’espère, nos patients, nos usagers mais aussi nos professionnels de santé vers un peu d’évasion par rapport au quotidien de l’hôpital. Je rappelle que le CHUN a inscrit au cœur de son projet d’établissement une dynamique de Responsabilité sociétale et environnementale (RSE) forte et c’est aussi l’occasion, avec cette exposition, de montrer que l’on s’intéresse à la nature, à sa présence et qu’elle participe, bien évidemment, à la santé » a affirmé Benjamin Héraut.

Toute en discrétion et retenue, l’artiste, qui a l’habitude de collaborer avec des naturalistes, a pris la parole pour quelques mots sur son travail et parler de son orientation écologiste qui l’anime au quotidien. « Actuellement, j’aime l’idée de m’engager un peu plus pour la biodiversité, la nature. J’ai le plaisir de vous prêter mes toiles qui susciteront l’intérêt, je l’espère, d’un public assez large. Travaillant en parallèle sur les chauves-souris, les rapaces, les castors, à la Maison Grand Site des gorges du Gardon, à Sainte-Anastasie, j’accomplis régulièrement des sorties au cœur de la nature pour les observer et les retranscrire en peinture » a-t-elle indiqué.

Claude Deschamps, membre de l’association Je m’anîmes et désormais habitué des expositions au CHUN (il avait notamment participé à la précédente exposition photo de Marc Branet), a conclu les discours. « Notre association promeut les artistes et artisans d’art, dont Pauline fait partie. Je la connais assez bien puisque je suis installé face à l’École des Beaux-Arts de Nîmes, et j’ai eu l’occasion de la voir évoluer tout au long de ses études.

Le vernissage s’est terminé par la dégustation d’un buffet préparé par l’Unité de production culinaire (UPC), sous le regard fauve des animaux de Pauline Poissy.

Pauline PoissyLe syndicat mixte des gorges du Gardon :

Le syndicat mixte des gorges du Gardon accueille depuis novembre deux artistes en résidence sur le thème “animalité/humanité”, dans le cadre d’un projet porté par un collectif d’artistes, lauréat d’un appel à projet du Département du Gard intitulé “Résidence artistiques de territoires”. Pauline Poissy a présenté les œuvres qu’elle a réalisées dans le cadre de sa résidence.

Le thème de la résidence d’artiste se situe à la croisée de trois domaines : l’art, l’environnement et l’humain. Son intitulé est : “Anthropisation de la nature et réensauvagement de l’homme” ou comment penser le vivant au présent. Un thème parfaitement en phase avec les ambitions d’une réserve de biosphère qui cherche à améliorer les relations entre l’homme et la nature et à démontrer leur interdépendance.

Onze tableaux présentant des animaux des gorges ont été dévoilés. À noter deux œuvres sur le castor qui a volé la vedette à la huppe fasciée ou encore au majestueux faucon. Si les œuvres ont été dévoilées, la technique, elle, est restée secrète, à l’image de l’artiste.

Elle a pourtant fait un discours très émouvant sur son expérience personnelle, au sein de ce collectif d’artistes, une première pour elle, et sur sa relation à la nature et au vivant qui ne cessent de l’inspirer.

Journaliste Nicolas Sayous :

Lors d’une première rencontre avec l’œuvre de Pauline Poissy, il semble ne rien y avoir d’identifiable sur la toile. Ses travaux donnent l’impression de monochromes. Toutefois, la jeune plasticienne invite son spectateur à chercher, à se déplacer face au tableau. Alors, les formes se dessinent, deviennent plus distinctes : ici un zèbre apparaît, là un buffle ou une panthère.

Tel un bas relief très fin, l’animal est présent, maintenant, vous le savez, vous ne voyez même plus que lui. Plus vous scrutez la toile, plus les choses deviennent limpides, claires, et chaque nouvelle perspective vous apporte une vision différente de l’animal représenté. Le tableau semble être en permanente métamorphose selon l’endroit où l’on se place. D’ailleurs, la notion qui importe le plus à Pauline Poissy est celle de camouflage.

La peinture se veut telle la peau de l’animal, comme vivante. Cette notion d’organicité est aussi présente dans son approche même de la réalisation, par l’importance accordée à l’aléatoire. Ses toiles, si elles sont pensées, réfléchies, ont aussi une part incontrôlable, la vie de la peinture, pendant le temps de séchage, déterminant le résultat. Aussi, telle une musicienne de Jazz, elle se laisse aller à l’improvisation.

Outre la référence se situe entre les grands inventeurs de la peinture monochrome, tels Kazimir Malevitch et Alexandre Rodtchenko, Pauline Poissy s’est intéressée à l’œuvre de Gilles Aillaud, figure majeure de la Nouvelle figuration, courant artistique qui vit le jour dans les années 1960.Ce peintre français traita notamment de l’enfermement à travers la représentation d’animaux sauvages dans les zoos. Par leur composition ses toiles posent notamment la question du regard : qui, de l’homme ou de l’animal, observe qui ? Ce mélange dans le travail de Pauline Poissy forme une sorte de syncrétisme pictural à la fois poétique, onirique, et engagé. Pauline Poissy

Parmi ses lectures, on trouve des recueils de photographies animalières, qui sont en quelque sorte la matière première de son travail: ses modèles. Sur ce point, elle affirme d’ailleurs ne pas vouloir peindre directement de « vrais » animaux évoluant dans leur environnement, pour en quelque sorte ne pas leur voler leur âme – une sorte d’animisme –, leur préférant donc des animaux photographiés.

Une référence primordiale pour Pauline Poissy, et d’ailleurs revendiquée par la jeune artiste, est l’écrivain, essayiste, poète et dramaturge Jean-Christophe Bailly, qui s’est particulièrement intéressé à la question animale, et à la place de l’homme face au monde animalier. Parmi les ouvrages importants de Bailly, Le parti pris des animaux, dans lequel l’auteur décrit de manière très sensible la façon dont les animaux se meuvent, se camouflent, construisent un territoire face aux périls. Pauline Poissy cherche à montrer une autre façon d’être au monde : celle des animaux. Ils symbolisent chez elle une alternative à la pensée occidentale, qui place l’animal au bas de l’échelle de l’évolution sans réellement prendre en compte son existence, ses facultés.

Pauline Poissy comme ses inspirateurs, tente de nous faire ressentir les frontières et passages entre animaux et humains. Elle tente par sa peinture de changer le regard que nous portons sur eux. N’est ce pas l’un des pouvoirs de l’art que de nous montrer un autre chemin?


CORDONNÉE​

34400 Lunel

Tel. 06 63 57 94 91 

Mail. pauline.poissy@gmail.com

Site. http://pa
ulinepoissy.fr/

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